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Espace presse · On veille sur le feu.

Participation nationale

Écrivons ensemble le dictionnaire qui manque.

La loi range presque tout sous les mêmes mots fourre-tout. Des actes très différents, des degrés de gravité très différents, fondus ensemble. Résultat : des chiffres illisibles, des procès flous, des dénis faciles.

On propose l'inverse. Nommer chaque acte, un par un. Pour chacun : un mot, une définition, une qualification, une peine. Délit ou crime. Ce dictionnaire servira aux juges, aux députés, et aux policiers en salle d'interrogatoire : on peut nier un mot vague d'un seul mot, c'est beaucoup plus dur de nier une liste précise, acte par acte.

À quoi ça ressemble

Des exemples pour montrer la méthode. Rien n'est définitif : c'est la participation qui écrira la version finale.

Contact sans pénétration sur une zone protégée

Aujourd'hui noyé entre plusieurs qualifications selon l'âge et les circonstances. Demain : une ligne à lui, aggravée quand l'auteur est un ascendant.

Délit aggravéPeine proposée : jusqu'à 10 ans

Pénétration digitale imposée à un enfant

C'est le geste le plus fréquent dans les dossiers. Il doit être nommé pour ce qu'il est, sans emprunter le mot d'un autre acte pour être pris au sérieux.

CrimePeine proposée : 20 ans, 30 si l'auteur est un ascendant

Pénétration par un objet imposée à un enfant

Aujourd'hui confondue avec les autres sous le même mot. Demain : sa propre ligne dans le dictionnaire.

CrimePeine proposée : 20 ans, 30 si l'auteur est un ascendant

Acte bucco-génital imposé à un enfant

Souvent invisible dans les statistiques, fondu avec le reste. Nommé à part, les chiffres deviennent lisibles.

CrimePeine proposée : 20 ans, 30 si l'auteur est un ascendant

Sollicitation sans aucun contact, en ligne ou en personne

Aujourd'hui mal classée, ou pas classée du tout faute de contact constaté. Demain : un délit autonome, qui frappe avant même qu'un contact ait eu lieu.

Délit autonomePeine proposée : 5 ans, alourdie à chaque récidive

Biberoviol

La substitution, par un adulte, de son sexe à l'objet nourricier porté à la bouche d'un nourrisson

Ce geste n'a pas de nom aujourd'hui. Il se dissout dans une case générale. Certains actes sont si précis dans leur cruauté qu'ils ont besoin de leur propre mot. Crime aggravé, par l'âge de la victime et par la trahison du geste de nourrir.

Crime aggravéPeine proposée : 30 ans, perpétuité si le geste est répété ou s'accompagne de tortures ou d'actes de barbarie

Six lignes. Six degrés de gravité, nommés, distincts, chacun avec sa définition, sa qualification et sa peine. Pas un mot fourre-tout. Une échelle.

Et l'âge de l'enfant ? La psychiatrie a fabriqué un mot par tranche d'âge pour classer les préférences des agresseurs. Népiophile pour le nourrisson. Pédophile pour l'enfant prépubère. Hébéphile pour l'enfant pubère. Éphébophile pour l'adolescent. Chacun de ces mots nomme un désir. Aucun ne nomme un crime.

On propose de retourner le dictionnaire. Un mot par âge, construit non plus sur ce que ressent l'adulte, mais sur ce que subit l'enfant. Népioviol, pour le crime commis sur un nourrisson. Hébétoviol, pour le crime commis sur un enfant pubère. C'est un début, à corriger et à compléter par la participation elle-même, avec pour chaque mot une peine fixée avec la même rigueur que pour les actes. La psychiatrie a mis un siècle à cataloguer les préférences des violeurs. Il est temps de cataloguer, avec la même précision, ce qu'ils font.

Les mots fourre-tout à démonter

Une liste non exhaustive. Chacun de ces mots fond plusieurs actes en un seul, et protège ceux qui les commettent. À la participation de les démonter, acte par acte.

« Pédopornographie »

Ce mot accole l'enfance à un genre commercial légal, la pornographie. Il n'existe pas de pornographie d'enfants. Il existe des images et des films de viols d'enfants. Et derrière ce mot unique se cachent au moins trois actes distincts, dont aucun n'a de nom propre :

Celui qui filme un enfant violé. Comment s'appelle-t-il ?
Celui qui vend ou diffuse ces images. Comment s'appelle-t-il ?
Celui qui visionne et détient ces images. Comment s'appelle-t-il ?

Trois actes, trois responsabilités, trois peines à fixer. À toi de les nommer →

À démonter

« Prostitution des mineurs »

Un enfant ne se prostitue pas. Le mot exact de ce qui se passe : l'exploitation des organes sexuels d'un enfant à des fins commerciales. Et autour de cet acte, les mêmes questions sans réponse :

Celui qui paie pour violer un enfant. Le mot « client » le protège. Comment s'appelle-t-il ?
Celui qui organise et encaisse. Comment s'appelle-t-il ?

À toi de les nommer →

À démonter

« Attouchements »

Un mot doux pour des agressions sexuelles sur un enfant. Il diminue le geste au moment même où il le décrit. Quel mot dirait le geste sans l'adoucir ? À toi de le nommer →

À démonter

À toi d'écrire

Propose une entrée du dictionnaire. Un acte à nommer, et si tu veux, le mot, la définition, la peine. On lit tout, et on publie sur ce mur après vérification.

On te demande seulement ton mail, pour te tenir au courant. Il n'est jamais affiché. Chaque entrée est relue avant publication. Une seule règle : nommer ce qui est commis contre les enfants. Rien d'autre.

Le dictionnaire s'écrit ici

Les entrées publiées, des plus récentes aux plus anciennes.

Les premières entrées arrivent. La tienne peut ouvrir le dictionnaire.

Pour Lyhanna et les enfants classés sans suite